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Québec solidaire

15 $ l’heure, on le mérite

Nous, qui avons signé cette lettre, gagnons tous et toutes moins de 15$ l’heure. 


Malgré le fait que nous travaillons à temps plein, quarante heures par semaine, nous vivons dans la pauvreté. 


Je suis celle qui vous sert votre café tous les jours et qui se rappelle que vous y mettez deux laits et un sucre. Je suis celui que vous ne voyez jamais, mais qui s’assure que votre bureau soit propre quand vous y entrez le matin. Je suis celle qui prend soin de votre mère malade et qui réussit toujours à la faire un sourire. Je suis ce chauffeur de taxi qui prend des raccourcis pour que vous arriviez juste à temps. Nous sommes les artisans de cette pièce de théâtre que vous avez vu hier soir. Je suis celle au bout du fil qui a trouvé la solution à votre problème de connexion Internet. 


Nous travaillons la semaine, la fin de semaine et les soirs, en étant souvent appelés à la dernière minute, dans des espaces sans fenêtre ou sous les intempéries. Nous faisons de notre mieux, dans des conditions pas toujours faciles, pour répondre à vos besoins, vous faciliter la vie, vous faire sauver du temps. Bref, nous participons à ce que notre monde tienne ensemble. 


Nous sommes en majorité des femmes. Contrairement à ce que vous pouvez penser, nous sommes loin d’être uniquement des étudiants et des étudiantes. Plusieurs d’entre nous avons des enfants à nourrir, un loyer et des factures à payer. Quand tout augmente plus vite que nos salaires, joindre les deux bouts nous oblige à choisir entre une bonne épicerie, faire réparer le frigidaire ou sortir en famille au restaurant. Notre salaire ne nous permet pas de bien vivre. 


La solution est simple : le gouvernement doit augmenter le salaire minimum pour qu’il permette de sortir de la pauvreté quand on travaille à temps plein. Au Québec, ce minimum nécessaire est de 15$ l’heure. 


Ce ne serait rien d’extravagant. Plusieurs villes américaines l’ont déjà fait. Soyez sans crainte, aucune d’entre elles n’a connu de croissance du chômage ni d’augmentation des fermetures d’entreprises. Alors que l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique emboîtent le pas, le Parti libéral continue de faire reposer l’économie du Québec sur du cheap labor. 


Nous faisons un travail nécessaire qui vous est utile tous les jours. Nous méritons un salaire décent. Nous avons droit à une vie digne. 


Le salaire minimum doit être augmenté à 15$ l’heure, c’est urgent.

À l’heure actuelle, une personne travaillant à temps plein au salaire minimum n’arrive pas à joindre les deux bouts. Contrairement au milliard $ US que le Parti libéral au gouvernement a investi dans Bombardier - qui a finalement servi à gonfler les salaires d’une poignée de hauts dirigeants - augmenter le salaire minimum profite à ceux et celles qui en ont vraiment besoin.

Pourquoi hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure?

Plus de 40 % des personnes travaillant au salaire minimum ont plus de 25 ans; il ne s’agit donc pas que d’emplois étudiants. Les femmes représentent quant à elles 57 % des gens payés moins de 15 $ l’heure : la hausse du salaire minimum contribue donc aussi à sortir les femmes de la pauvreté.

Qui sont les travailleurs et travailleuses au salaire minimum?

Lorsqu’il y a eu des hausses de salaire minimum importantes au Québec, on n’a pas vu le taux de fermeture d’entreprises augmenter mais bien diminuer. Des pertes d'emplois importantes ne se sont jamais matérialisées dans les villes, états et pays qui ont augmenté le salaire minimum de façon importante. À Seattle, aux États-Unis, où le salaire minimum est passé à 15$ l’heure en 2015, on ne constate aucune hausse de fermetures d’entreprises.

Cette hausse causerait-elle des fermetures d’entreprises?

L’augmentation des salaires a un impact minime sur le coût des biens et des services. Pourtant, on nous parle de la menace d’une flambée immédiate et brutale des prix chaque fois qu’il est question de hausser le salaire des employées et employés au bas de l’échelle. En 1999, une étude effectuée aux États-Unis a révélé qu’une augmentation de 1$ du salaire minimum des personnes employées par McDonald ajouterait 0,02$ au coût d’un hamburger. Dans certains magasins Walmart, l’augmentation du salaire minimum des employés et employées à 12,50$ ne s’est pas répercutée sur les prix des produits vendus.

Y aura-t-il une augmentation du coût des biens et services?

Les patrons de PME pâtissent grandement de la compétition impitoyable des grandes corporations qui sont les grands champions du cheap labor, bien plus que d’une augmentation du salaire minimum à 15$ l’heure. De plus, des mesures transitoires peuvent être envisagées pour les PME, comme un taux d'imposition préférentiel pour absorber la hausse du coût de main-d'oeuvre en autant que le niveau d'emploi de l'entreprise soit maintenu.

Qu’en est-il des PME qui ne peuvent pas se permettre une hausse du salaire minimum à 15$ l’heure?

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